G. de Frontenay

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Le modélisme ferroviaire



Précis initiatique à l'usage des rustres et des ignorants rédigé par un rustre ignorant tout juste initié



Le ferromodélisme est le nom que donnent ses adeptes au jeu du train électrique lorsqu'ils ne sont plus des enfants ou du moins essayent de le faire croire.

Quelqu'un a dit que ce qui distingue les adultes des enfants, c'est le prix de leurs jouets. Or les réseaux de petits trains bien faits, ça peut coûter cher.

Quelqu'un d'autre a dit que le point commun entre des seins de femme et le train électrique, est que c'est fait pour les enfants et que c'est papa qui joue avec. Si vous n'êtes pas adeptes des deux jeux, vous ne pouvez pas comprendre.

Le point commun entre le ferromodélisme et l'obsession sexuelle c'est que l'un comme l'autre peut conduire à la maladie mentale, c'est pourquoi on appelle souvent les ferromodélistes ferrovipathes, bien que ce vocable s'applique aussi aux malades du train grandeur nature1. Ces deux affections ne sont pas exclusives l'une de l'autre. Il y a des exemples. Il faut noter toutefois que la ferrovipathie fait moins parler d'elle dans la presse2, et que rien n'est fait pour remédier à cette affection3.

Dans l'un comme l'autre cas, il faut être à la hauteur de ses ambitions. 

Dorénavant nous ne parlerons plus de sexe. Enfin ici4.


Le ferromodélisme est qualifié par certains auteurs de 10ème art. C'est le domaine du modélisme d'atmosphère. Il s'agit là, de rendre une ambiance non seulement par une exactitude technique cheminote, mais aussi par un soin apporté aux décors. De magnifiques réalisations existent dans ce domaine. Un certain nombre de gourous de la spécialité ont écrit des ouvrages remarquables, qui figurent dans les bibliothèques des adeptes. Beaucoup rêvent d'en faire autant, mais yapaka.

Enfin, on aura au moins le mérite d'avoir essayé.

On peut seulement collectionner des objets dans des vitrines mais la caractéristiques du vrai ferromodéliste c'est de mettre ces objets en situation en les animant. Si on manque de place ou qu'on est modeste on fera un diorama de quelques dizaines de centimètres, mais on y soignera le détail. Si on a de la place on peut en relier plusieurs pour faire un réseau. Les gens sensés commencent par un petit réseau avant d'en faire un grand, surtout ceux à la vocation précoce qui ont 40 ans, ou plus, devant eux.

Certains pratiquants, rétifs à avouer leur déviance, tentent de justifier leur activité par un alibi historico-technique. Ils prétendent représenter le plus exactement possible, les voies et leurs équipements ainsi que le matériel roulant et pinaillent sans fin sur des détails. On les appelle : compteurs de rivets. Bien entendu, personne n'avoue en être un mais chacun recherche l'exactitude. Lorsqu'il sont conduits à des accommodements on en voit qui inventent des histoires invraisemblables pour justifier leurs approximations. Ne cherchez rien de tel ici.

Il existe plusieurs échelles qui ont un nom. Les usages sont différents selon les pays. Les plus utilisées en France et en Europe sont :

0, Zéro au 1/43,5

H0, la plus répandue au 1/87. Pour half zéro. Lire hache zéro bien que presque tout le monde prononce acho.

N, au 1/160.

Z, au 1/220

Il existe des échelles plus grandes I (un) au 1/22 et II (deux) au 1/10,5. Ces échelles sont utilisées pour le train de jardin. Et il y en a d'autres, entre tout ça, surtout utilisées par les anglo-saxons.

C'est en fonction de ce qu'on veut représenter et de la place dont on dispose qu'on choisi l'échelle. On tient compte aussi des fabrications industrielles plus courantes pour les échelles 0 et H0.

On doit aussi choisir une époque et un thème (un lieu par exemple) puisqu'on ne peut pas faire voisiner un TGV avec une loco vapeur que ce soit en 1949 à la gare de Lyon ou au chemin de fer du Darjeeling en 2000. Et pourtant !

On trouve du matériel dans le commerce, mais des courageux habiles et bien outillés s'essayent (et réussissent) à la fabrication intégrale. Ils ont quand même besoin de fabricants spécialisés pour les matières premières et en produits semi-finis. On peut aussi récupérer dans les poubelles et détourner de leur usage nombre de produits courants. En général on fera un mélange de toutes ces solutions selon son habileté et ses moyens financiers. De toutes façons on aura toujours envie de faire quelque chose qui n'existe pas dans le commerce à force d'en avoir marre de chercher qui a bien pu fabriquer ce truc dont on a envie.

Les fabricants sont des industriels ? il n'y en a plus en France depuis la fermeture de Jouef ? ou des artisans. Ces derniers fabriquent en petites séries des produits de bien meilleure qualité, mais évidemment beaucoup plus chers. La plupart des industriels sous-traitent en Chine.

Le plus vieux fabricant européen est Märklin en Allemagne. En ce temps là les voies miniatures étaient à 3 rails, dont l'un central amenait le courant qui repart par les deux autres ce qui est une représentation erronée de la réalité car le troisième rail, lorsqu'il existe, est latéral. Cette solution qui fût courante, notamment dans la région parisienne il y a encore cinquante ans, a quasiment disparu pour des raisons de sécurité (pensez qu'il y avait des passages à niveau sur ces lignes). Mais le métro parisien, dont les voies sont physiquement inaccessibles aux personnes étrangères au service, fonctionne encore comme ça et il n'est pas prévu que ça cesse. Des systèmes complètement novateurs apparaissent, comme celui du tramway de Bordeaux.

Les puristes ne supportaient pas ce rail non conforme à la réalité. De plus les locomotives sont équipées d'un frotteur "ventral" qui bien que soigneusement camouflé entre les roues, ne peut pas être complètement invisible.

      D'autres fabricants ont créé le système à 2 rails en courant continu. Le courant vient par un rail et repart par l'autre. Si ça vous intéresse réfléchissez à ce qui se passe à un aiguillage ou pour dans une boucle de retournement. Le défaut récurent de ce système est la sensibilité aux mauvais contacts, mais il s'améliore d'année en année.

Il y a opposition entre les pratiquants (c'est presque religieux) des deux systèmes (avec la mauvaise foi des passionnés) qui ont été améliorés tous deux grâce notamment à l'électronique et l'informatique.

Le système de ce réseau est celui des 3 « rails », le troisième étant remplacé depuis belle lurette par des picots centraux, dont vous jugerez vous même de la discrétion, alimentant les locos en courant alternatif de 18v. Si des inconvénients du système 2 rails n'existent pas, il y a d'autres comme par exemple la suppression de la facilité de créer une section non alimentée dans un sens à l'approche d'un heurtoir tout en gardant la possibilité de l'alimenter dans l'autre pour que le train reparte ou l'impossibilité de représenter une fosse dans les dépots. Car, où mettre les picots quand il n'y a pas de traverses ? Pour ce dernier cas la sollicitation des neurones de volontaires devra être recherchée.

Que ce soit du continu ou de l'alternatif, le système de base fait varier la tension pour faire varier la vitesse du train. En courant continu on inverse la polarité pour changer de sens de déplacement et en alternatif on envoi une surtension brève qui agit sur un relais dans la locomotive pour inverser le sens de rotation du moteur.

Les systèmes électronico-informatisés, qu'on appelle digitaux par abus de langage, envoient une tension constante dans les rails et des impulsions codées superposées qui sont utilisés par la locomotive pour faire tout un tas de trucs. (vitesse, sens de marche, éclairage, bruits, fumée, lever de pantographe, manoeuvre d'attelage...)

L'industriel allemand fabrique du matériel représentant celui qui circule ou a circulé dans différents pays selon la répartition de ses clients, or les modélistes français ne sont pas très nombreux à utiliser ce système, d'où des difficultés pour se procurer du matériel roulant reproduisant celui de la SNCF sauf quand il existe aussi en Allemagne. Il suffit alors au fabricant de changer la décoration sans créer un modèle nouveau. C'est le cas des prises de guerre et de quelques matériels commandés dans l'autre pays. Ce sera encore le cas avec les unifications dues à la mondialisation.

Faire un réseau situé dans une zone où sont susceptibles de circuler des matériels de plusieurs pays est la solution choisie ici.



1C'est le cas des trainspotters qui passent des heures, horaire des chemins de fer et appareil photo en main, au bord des voies en notant les numéros des locomotives et des wagons. Si cela servait à quelque chose et qu'il étaient payés pour le faire, ils seraient employés à la SNCF (ou autre) et feraient peut-être la grève pour cause de travail insuffisamment valorisant.

2Quoi que. On a entendu parler de voleur de locomotive grandeur nature dans le seul but de la conduire. On ne voit pas quel autre intérêt cela aurait pu avoir, la revente étant difficile et la chance d'échapper aux recherches plutôt faible. Pour les modèles réduits les vols et les trafics sont courants.

3En effet, on a fermé les bordels, mais il n'est pas envisagé d'interdire les clubs ferro-modélistes.

4Quoi que. On trouve dans le commerce des figurines sans équivoque à placer dans les compartiments voyageurs ou dans les maisons des décors dont il convient alors de laisser la fenêtre ouverte pour les modelisto-voyeurs et de prévoir un éclairage intérieur.


Pour en savoir plus et mieux  : Wikipedia modélisme ferroviaire


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